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Simondon, politique du transindividuel

Bernard ASPE

collection Études Simondonniennes
450 pages,
format 240 x 150 mm,
dos carré collé

La pensée de Simondon est aujourd’hui mieux connue, et plus commentée, qu’elle ne l’était il y a douze ans, lorsque la présente thèse a été soutenue. Mais ce qui intéressait son auteur à l’époque, ce n’était pas seulement de parvenir à exposer la méthode et les parti-pris qui singularisaient cette pensée. Il s’agissait surtout de la mettre en rapport avec ce qui n’était pas au centre de son questionnement, à savoir la pensée politique. Et pour cela, il fallait tout d’abord marquer l’écart qui séparait Simondon de plusieurs auteurs qui à l’époque étaient considérablement plus influents que lui.

Quelques questions peuvent alors en résumer les enjeux. Premièrement, la pensée contemporaine pose l’exigence de penser le singulier en tant que tel. Deleuze incarne exemplairement cette exigence. Mais pour la soutenir, ne l’a-t-il pas disjointe de ce qui pour Simondon constitue son versant complémentaire, à savoir l’exigence de penser la réalité de la relation ? Deuxièmement, Simondon affirme vouloir substituer à l’ancienne "ontologie", qui postulait un être immuable, une "ontogenèse", qui permet de suivre le mouvement de l’individuation des êtres. Dès lors, quel rapport l’ontogenèse simondienne entretient-elle avec la déconstruction de l’ontologie telle qu’elle se pratique dans le sillage de Heidegger ? Troisièmement, pour penser l’individuation, il faut penser le préindividuel, c’est-à-dire un potentiel attaché aux êtres individués, qui leur permet de devenir autre chose que ce qu’ils sot. Doit-on concevoir ce potentiel comme une "puissance, à distance de l’acte, ainsi que le propose notamment Giorgio Agamben ? Et quel type de relation peut être maintenu avec une telle puissance ?

Tous les enjeux attachés soulevés ici se rassemblent dans la conception du transindividuel ; Ce concept désigne ce qui peut exister entre les individus, qui dès lors ne sont plus envisagés comme des entités closes sur elles-mêmes. C’est là le véritable cœur de la pensée simondonienne. Les questions qui viennent d’être évoquées ne prennent tout leur sens que lorsqu’on met en rapport l’idée du transindividuel avec les enjeux de la politique - et plus exactement, avec la politique révolutionnaire. Or, Simondon n’a jamais explicitement pensé son travail comme une contribution à une telle politique. Il s’agit donc tout d’abord de se questionner sur ce non-rapport. Et il s’agit de voir comment l’idée d’une politique du transindividuel peut entrer en résonance, ou en conflit, avec les perspectives défendues par Marx, Lénine ou Foucault ; mais aussi avec les travaux actuels de Badiou, de Lazarus, ou d’Antonio Negri.

Bernard Aspe est agrégé de philosophie. Il participe en 1996 à la fondation de la revue Persistances, consacrée au cinéma. Il participe également en 1998 à la fondation de la revue politique et culturelle Alice (1998-2000). Il soutient sa thèse, La pensée de l’individuation et la subjectivation politique en 2001, sous la direction de Jacques Rancière.


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